Des scientifiques résolvent le mystère de la formation du chou-fleur romanesco

Des scientifiques résolvent le mystère de la formation du chou-fleur romanesco
romanesque

Photo d’un roman. Crédit : © Nathanaël Prunet

D’où vient la forme du chou-fleur romanesco ?

Le mystère de la formation d’une des formes végétales les plus singulières — le chou-fleur romanesco — a été résolu par une équipe de scientifiques du CNRS1 et d’Inria dans un article publié le 9 juillet 2021 dans la revue Science.

Grâce à des travaux mêlant modélisation mathématique et biologie végétale, les scientifiques ont pu déterminer que les choux-fleurs, et les romanescos en particulier, sont en fait des bourgeons destinés à devenir des fleurs mais qui n’atteignent jamais leur but. Au lieu de cela, ils se développent en tiges, qui à leur tour continuent d’essayer de produire des fleurs.

Le chou-fleur est né de cette réaction en chaîne, se traduisant par une succession de tiges sur tiges.

Cette étude montre que la brève incursion des bourgeons dans un état de floraison affecte profondément leur fonctionnement et leur permet, contrairement aux tiges normales, de pousser sans feuilles et de se multiplier presque à l’infini. La forme atypique du Romanesco s’explique par le fait que ses tiges produisent des bourgeons de plus en plus rapidement (alors que le taux de production est constant chez les autres choux-fleurs). Cette accélération donne à chaque fleuron un aspect pyramidal, rendant l’aspect fractal de la structure clair.

L’étude met en évidence comment la sélection de mutations chez les plantes au cours du processus de domestication a changé leur forme, parfois drastiquement, en fruits et légumes sur nos étagères.

Référence : « Les formes fractales du chou-fleur proviennent de perturbations des réseaux de gènes floraux » par Eugenio Azpeitia, Gabrielle Tichtinsky, Marie Le Masson, Antonio Serrano-Mislata, Jérémy Lucas, Veronica Gregis, Carlos Gimenez, Nathanaël Prunet, Etienne Farcot, Martin M. Kater, Desmond Bradley, Francisco Madueño, Christophe Godin et François Parcy, 9 juillet 2021, Science.
DOI : 10.1126/science.abg5999

Articles connexes